Actualité

Publié le par Jean-Claude Revest



Une pièce

de Bernard-Marie Koltès

"La Nuit juste avant les forêts"


interprète Nicolas Revest


La situation est ordinaire et chacun a pu y être confronté un jour : un homme nous aborde dans la rue. Il débite des paroles auxquelles nous ne prêtons tout d'abord aucune attention. Nous sourions complaisammentNous pensons : "ça ne va pas durer il va se lasser, aller voir quelqu'un d'autre, partir. » . Nous avons beau l'ignorer, fuir son regard, esquisser un sourire amusé, il reste. Nous sentons peu à peu son discours nous envahir. Il cherche à nous embarquer dans son histoire. Il nous agrippe et nous sentons le piège de la parole se refermer sur nous. La légèreté des premiers mots cède la place à des paroles lourdes de sens qui en disent autant sur ce personnage singulier que sur nous. Rompre ce flux de paroles, serait détruire toute possibilité de rencontre.


En 1977, Koltès termine "La nuit juste avant les forêts du Nicaragua ". Ce titre premier nous invite à replacer ce théâtre dans le contexte historique de l’Amérique latine des années 70.

Ce monologue nous ramène surtout à l’unicité de l’espèce humaine au sein de laquelle les gestes issus de la culture érigent les barrières de l’altérité. Dans ce monde marchand, seul l’argent donne une apparence de consistance à l’homme. Dans ce monde cloisonné de zones multiples, où l’appartenance à une zone, à une cité, à un travail, à un parti, définit l’individu, le personnage (anonyme), qui vit l’exclusion du monde du travail, déplore la multiplication des pouvoirs et veut fonder un syndicat international qui scelle une fraternité entre tous les peuples et tous les ouvriers en souffrance.

La pièce de Koltès, replacée dans le contexte de la crise économique des années 70 et de l’augmentation brutale du chômage, nous interroge sur l’état de notre société actuelle, sur son peu de solidarité, sur sa propension à développer les inégalités.

Dans le contexte actuel, elle résonne particulièrement, nous ouvre à l’espoir dans notre capacité à vivre la fraternité avec les individus, victimes de la guerre économique ici, et les peuples en lutte, pour la démocratie et un meilleur partage des richesses, ailleurs. Seule la fraternité au-delà des frontières sociales et nationales nous permettra de sortir de la nuit, de notre propre nuit, de notre propre aveuglement.


Une production de La Compagnie 347 - Paris

Scénographie et mise en scène Jean-Claude Revest - Dramaturgie Sylvain David - Accompagnement sonore Jean-Luc ..... Régie générale Armelle Lopez -

Prix unique : 12€ (1 place achetée = 1 place offerte - demi-tarif chômeur - étudiant - moins de 25 ans )

RESERVATION 01 74 08 28 45

ERF Port-Royal Quartier Latin Maison fraternelle

37, rue Tournefort 75005 Paris





Commenter cet article